L’Appel du Général  de Gaulle le 18 juin 1940

 
En mars 1940, Paul REYNAUD, qui a remplacé Edouard DALADIER comme Président du Conseil et s’est engagé vis à vis de la Grande Bretagne à ne pas signer de paix séparée , perd la majorité au sein de son cabinet. Paul REYNAUD fut l’homme qui avec l’opération Franco-Britannique de NARVIK,  à compter du 9 avril 1940, espérant avoir interrompu l’approvisionnement de minerai de fer suédois à l’Allemagne, proclama « La route du fer est coupée »
Le général Maxime WEIGAND et PÉTAIN sont appelés en mai 1940 pour renforcer le gouvernement lorsque les Pays Bas et la Belgique s’effondrent ne pouvant résister  devant l’offensive allemande .
Pour ces deux militaires, la défaite leur offre l’opportunité de se séparer de  la République, régime de plus en plus critiqué. Cette République qui avait été à deux doigts de s’effondrer le 6 février 1934 lorsque les ligues réactionnaires et fascistes  avaient attaqué l’Assemblée Nationale.
Le front populaire qui arriva au  pouvoir en 1936 empêcha que ce fascisme  prenne aussi le pouvoir en France  comme il l’avait fait en Italie et en Allemagne et épargna à notre pays une guerre civile comme en Espagne de 1936 à 1939.
Charles de GAULLE qui  avait passé la moitié de la première guerre mondiale prisonnier en Allemagne, est toutefois devenu une autorité en matière de guerre de chars et  va de fin  mai 1940 à début juin 1940, à la tête de la 4ème division blindée combattre à MONTCORNET et avec honneur près d’ABBEVILLE, à l’embouchure de la Somme , pour tenter une percée afin de  libérer les troupes cernées à DUNKERQUE.
Il sera promu le 1er juin 1940  Général de Brigade à titre provisoire et suite à un remaniement ministériel du 5 juin 1940, ce Général peu connu  sera nommé sous-secrétaire d’Etat à la Guerre et à la Défense Nationale. du gouvernement REYNAUD.
Pour l’envoyé de CHURCHILL, de GAULLE est un grand fumeur  qui observe , dans un silence de pierre, la panique et le défaitisme qui croissent autour de lui.
A noter qu’avant  la deuxième  guerre mondiale, Charles de GAULLE avait , dès 1925, déclaré que la fortification du territoire de la France  était une nécessité permanente.
Le Général Louis CHAUVINEAU en  débute, en 1931, l’ étude  mais ce n’est qu’à partir de septembre 1939, devant l’offensive éclair de l’armée allemande en Pologne, que l’Etat-major français, décidera enfin la mise en chantier  d’ouvrages de défense complémentaire sur l’Oise de Conflans Sainte Honorine à Précy/sur/Oise et  l’embouchure de la Nonette, rivière qui, en passant au pied de Senlis, rejoint l’Oise et inclut aussi , dans la fortification , le canal de l’Ourq jusqu’à La Ferté /sous/jouarre,soit au total 130  kms. Il s’agit d’ouvrages ( lignes antichars pour arrêter les engins motorisés, Blockaus, casemate) qui sont installés sur la rive gauche de l’Oise ( sens  amont –aval) pour couvrir PARIS.
C’est ainsi que s’installeront le 8 juin 1940 sur la rive de Méry/sur/Oise le 4 ème régiment de Tirailleurs Tunisiens et de celle  de Mériel  , L’Isle-Adam à Royaumont le 8 ème régiment de tirailleurs Tunisiens.
Pontoise est bombardée par la Luftwaffe les 7 et 10 juin 1940.
Ce 10 juin en fin de matinée , après le passage de la 85 ème division d’infanterie d’Afrique se repliant  les ponts de voies ferrées d’Epluches, de Conflans Sainte Honorine et de Pontoise sont détruits . A 15 h00, après la fin des mouvements des arrières gardes, les ponts d’Auvers/sur/Oise sautent à leur tour.
Le 10 juin le gouvernement français quitte Paris  pour Bordeaux où il s’installera le 13.
L’exode se poursuit,  y compris pour les auversois, mais le pont routier de Pontoise qui avait été miné sera aussi  détruit par le génie Français le 11 juin 1940.Ce même 11 juin 1940 à 13h00 le 38ème IR allemand atteint Ronquerolles.                                                                 
Dans la nuit du 11 au 12 juin les ponts de l’Isle –Adam son détruits sauf celui du cabouillet et du barrage-écluse.
Le 12 juin les allemands conquièrent une tête de pont sur l’Oise à l’Isle-Adam après 3 tentatives de franchissements à la nage et en canots pneumatiques  repoussées .Toujours le 12 juin , en fin d’après midi, l’ennemi utilisent le barrage écluse et prennent pied sur la rive gauche en progressant vers le château de la faisanderie.
Ce 12 juin 1940 juin un auversois demeurant rue Victor Hugo est tué au lieudit « le saule colard »  par un tir provenant de la rive de Méry/sur/Oise et attribué à des soldats du 4 ème régiment de tirailleurs Tunisiens. Il fait partie des victimes civiles de la seconde guerre mondiale inscrites  sur notre  monument aux morts. 
Le  12 juin le Général WEIGAND ordonne le retraite générale.
Le 13 juin à 10h du matin les troupes françaises se replient. 122 soldats français ont été tués à l’Isle -Adam et dans son secteur. 
 
De GAULLE est l’un des rares ministres qui, opposés à l’Armistice , veulent continuer à combattre .  
Le samedi 15 juin 1940, de GAULLE qui est à Brest monte à bord du contre-torpilleur « Milan » qui lève l’ancre pour Plymouth.Le dimanche 16 juin 1940 de GAULLE est à Londres où il rencontre Churchill au 10 Downing street . De GAULLE ayant appris que l’ambassadeur de Grande Bretagne  se rend à Bordeaux  pour confirmer au chef du gouvernement français  le consentement britannique  à une demande d’armistice séparée  de la France, il  s envole pour Bordeaux le soir même à bord d’un bimoteur  prêté par Churchill et lors de son arrivée il apprend la  démission de REYNAUD et que le Président LEBRUN a chargé le Maréchal PÉTAIN de former un gouvernement. La capitulation  est désormais certaine. Craignant d’être arrêté à l’aube du 17 juin 1940 à Bordeaux, il quitte la ville à bord de l’avion Britannique avec son aide de camp Geoffroy de COURCEL alors que PÉTAIN va faire sa déclaration à la radio : «  et le don de sa personne à la France pour  atténuer son malheur. »
Le 17 juin l’aviation  allemande a lâché des mines magnétiques dérivantes  dans la rade de Brest. Le 18 juin 1940 à 16h45 la « Suippe » quitte Brest et se poste pour attendre le reste de la flottille près de la vandrée (pointe Saint Mathieu). A 19h45 elle est rejointe  par « la Somme » et l’aviso « Le Vauquois » ( nom de la commune d’Argonne martyre de la guerre 1914-1918). Deux des avisos , sans nouvelles des autres navires mettent le cap vers le chenal du four destination l’Angleterre. A 21h00 « le Vauquois » qui se trouve à l’ouvert du port du Conquet saute sur une mine et se casse en deux à la hauteur de la cheminée. Il coule en deux minutes et ses chaudières explosent. 
135 officiers, officiers-mariniers et 107 quartiers-maîtres et marins meurent noyés.
Un auversois, André BERGER , marin et maître d’hôtel à bord fait partie des victimes .Son nom figure sur le monument aux morts de notre commune..                                                                                                                              Le 18 juin 1940 c’est la fameuse riposte du Général : «  Moi Général de GAULLE, actuellement à Londres … »
Certes peu de gens l’entendirent parler à la B.B.C mais le Général souhaitait que son appel marque la fondation de la Résistance et l’adressait surtout aux militaires, aux 30.000 soldats , marins et aviateurs qui étaient arrivés en Grande Bretagne après l’évacuation des plages de Dunkerque ou qui avaient embarqué  dans d’autres ports de la Manche ou de l’Atlantique fuyant le désastre.
Le 22 juin 1940 c’est l’armistice : l’Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées par le III ème Reich, la moitié nord de la France et la côte atlantique  jusqu’à la frontière Espagnole sont occupées par l’armée Allemande 
et l’armée française est réduite à 100.000 hommes.
Ce 22 juin, en réponse le Général de GAULLE lance un nouvel appel à la Résistance.
N’oublions pas  que 56.000 français le rejoindront, comme le 24 juin 1940, 130 hommes de l’ile de Sein, le plus jeune , enfant de chœur, à 12 ans, le plus âgé 60,embarqueront  sur leurs bateaux de pêche pour rallier l’Angleterre et le Général.
Le 28 juin 1940, le gouvernement britannique reconnaîtra de GAULLE comme « chef de tous les français libres qui se rallient à lui pour la défense de la cause alliée ».
                         
D.LAINÉ
18 juin 2017
 
Sources : -« Comment sont-ils devenus Résistants ? de Robert GILDEA « Edition des Arènes .
Internet : 
-La ligne CHAUVINEAU    
-Les défenses de PARIS-Musée du génie 1840-1940.