Charles de GAULLE combat lors de 2 conflits du 20 ème siècle 
 
L’ évocation  de l’appel du 18 juin 1940 du Général de GAULLE me conduit, alors que se déroule encore le cycle mémoriel de la 1ère guerre mondiale , à vous rappeler que Charles de GAULLE âgé de 19 ans, Saint Cyrien (il a été reçu le 30 septembre 1909 au concours d’entrée à Saint Cyr et qu’il commence une carrière militaire en  contractant, le 7 octobre 1909,  un engagement volontaire et est incorporé au 33 ème régiment d’infanterie d’ARRAS le 10 octobre1909
Promu au grade de lieutenant le 1er octobre 1913, c’est en tant qu’officier de ce régiment qu’il participera aux combats du début  de  la Grande Guerre , sa 11 ème compagnie se trouvant , dès le 13 août 1914, en Belgique où il sera  blessé le 15 août 1914 à DINANT. Evacué sur CHARLEROI  puis sur PARIS où il est opéré (hôpital Saint Joseph ) d’une fracture du péroné avant d’être transféré à LYON puis à COGNAC pour sa convalescence. Il ne rejoindra son régiment sur l’Aisne que le 18 octobre 1914.
Cité à l’ordre de  la 2 ème division le 18 janvier 1915, de GAULLE reçoit la croix de Guerre  et le 10 février 1915  il est nommé capitaine à titre temporaire .                                                Au combat du MESNIL-LES HURLUS (Marne) , le 6 mars 1915,  il est légèrement blessé à l’oreille droite par un éclat puis le 10 mars à la main droite. En raison de l’infection de celle-ci  il est hospitalisé au Mont d’Or. Je rappelle que MESNIL-LES-HURLUS est un village détruit et supprimé rattaché à MINAUCOURT. 
Le 26 février 1916 le 33 ème régiment d’infanterie est à VERDUN lorsque le capitaine de GAULLE , à la tête de la 10 ème compagnie, est pour la 3ème fois blessé, cette fois à la cuisse gauche,  lors des combats   dans le village de DOUAUMONT. D’abord considéré comme disparu , il figurera ensuite sur une liste de prisonniers et sera soigné en Allemagne (hôpital de  MAYENCE). Pendant  ses 32 mois de captivité il tentera à 5 reprises de s’évader de plusieurs camps où il sera interné.(en westphalie, silésie, lituanie , bavière, Franconie mais sera à chaque fois repris , y compris après 10 jours d’évasion de Rosenberg au sud est de l’Allemagne.                                                                                          
Le 28 novembre 1918, après l’armistice , le capitaine de GAULLE rentre en France par la Suisse et arrive à Lyon le 3 décembre 1918.
Entre les deux guerres , de GAULLE enseigne à l’école de Guerre où il défendra une nouvelle stratégie de mouvement qui ne sera pas suivie.
Le 2 septembre 1939, le Colonel de GAULLE  est nommé commandant par intérim des chars de la 5 ème armée , région Lorraine-Alsace, la veille de la seconde guerre mondiale , la France et la Grande Bretagne la déclarant à l’Allemagne le 3 septembre 1939. 
Ce n’est que le 10 mai 1940 que les troupes allemandes entreront sur le territoire français et leur progression entraînera sur les routes des milliers  de réfugiés hollandais, belge et français du nord ( le chiffre de 6 millions est cité), qui fuient principalement vers le sud tandis que notre armée, face à l’efficacité de l’ennemi, bat en retraite. Certes le  17 mai de GAULLE et sa 4ème division cuirassée tente de ralentir la progression des chars allemands dans le secteur de MONTCORNET (Aisne) et détruisent une vingtaine de véhicules d’un convoi d’artillerie  ennemi qui perd plus de 60 soldats tués ou blessés .Sur les 88 chars français  engagés par de GAULLE,  23 seront  détruits . 
Après la bataille de DUNKERQUE , du 20 mai au 5 juin 1940, des soldats français embarqués lors de l’opération  et arrivés  en Angleterre seront réexpédiés à CHERBOURG tandis que des camions britanniques qui n’avaient pas rejoint DUNKERQUE se dirigent sur CHERBOURG et GRANVILLE pour gagner  l’Angleterre. C’est le chaos, la débâcle .  
Promu Général de brigade à titre temporaire le 1er juin 1940, de GAULLE est nommé Sous-Secrétaire d’Etat au ministère de la défense nationale et de la guerre pour envisager, au sein du gouvernement de Paul REYNAUD,  la poursuite du combat avec l’Angleterre.                                                                                   
Le 14 juin 1940 des troupes allemandes entrent dans PARIS ville ouverte et AUVERS/SUR/OISE est occupée le même jour. 
Le 16 juin le gouvernement français démissionne et le  17 juin , de GAULLE quitte BORDEAUX, où le gouvernement français s’était replié, pour rejoindre LONDRES alors que le nouveau Président du Conseil, le  Maréchal PÉTAIN lance, vers 12h00,  un appel larmoyant pour cesser le combat et demander l’armistice à l’Allemagne.
Le 18 juin 1940 sur les ondes de la B.B.C, de LONDRES, de GAULLE lance, de sa voix dont le timbre impressionne, sur un ton ferme , déterminé  et avec autorité, son appel réconfortant : « La France a perdu une bataille ! Mais le France n’a pas perdu la guerre ! qui   apporte des certitudes, à savoir que la guerre va continuer et devenir mondiale. 
A la consternation de la veille , l’appel de de  GAULLE, pour ceux qui l’entendront , est un message d’espérance qui appelle les français à se mettre en rapport  avec lui car , quoiqu’il arrive, « la flamme de la Résistance  ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »
Cet appel du 18 juin 1940 a été l’expression même de l’esprit de la Résistance. 56.000 français libres rejoindront de GAULLE , soldats restés  en Angleterre après Dunkerque, marins pêcheurs de l’Ile de Sein et d’ailleurs ou marins des bâtiments de commerce et de guerre, aviateurs, mécaniciens et premiers résistants qui, comme Etienne ACHAVANE,  dès le 19 juin 1940 sabote près de ROUEN les lignes téléphoniques rendant vulnérable un terrain d’aviation pris par le allemands ce qui permettra à la Royale Air Force de le bombarder détruisant 18 appareils au sol et tuant 22 soldats allemands. Condamné à mort , ce résistant sera exécuté.
D’autres français ont aussi lancé des appels à la Résistance. Dès le 17 juin , jean MOULIN , Préfet d’Eure et Loir, refuse de signer un document rédigé par des officiers allemands , imputant un crime à des tirailleurs sénégalais.
Edmond MICHELET rédige un premier tract diffusé le 17 juin qui reprend un texte de Charles PÉGUY tué à la bataille de la Marne le 5 septembre 1914 : « Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend… »
Un auversois matelot-maître d’hôtel de 23 ans à bord de l’aviso « VAUQUOIS », navire de la défense du littoral, qui quittait le 18 juin 1940 le port de BREST pour rejoindre l’Angleterre, a été l’une des 135 victimes de son naufrage  à hauteur du CONQUET en raison de l’explosion d’une mine magnétique dérivante larguée la veille par des avions de la luftwaffe. Il s’appelait André BERGER et son nom est inscrit sur notre monument aux morts.
                         
D.LAINÉ
18 juin 2016