La Grande Guerre : 1915 
En ce 11 novembre 2015, nous poursuivons le cycle mémoriel de la Grande Guerre 1914-1918
 et, en ce centenaire de la seconde année du conflit, nous vous rappelons les faits suivants :
Dès le début de cette guerre le 02 août 1914, les belligérants souhaitaient que celle-ci soit très courte.
Les alliés vont rapidement mettre en place un blocus naval de l’Allemagne et, en novembre 1914, ils déclareront la mer du Nord zone de guerre  au point qu’en 1915 les importations allemandes auront baissé de 55%.
L’armée allemande a reçu pour objectif  d’atteindre la mer (Manche et du Nord ) le plus vite possible afin de pouvoir desserrer le blocus naval, mais à quel prix : en près de 6 mois celle-ci va perdre environ 675.000 hommes et côté allié (Français, Belges et Anglais), ce sera  plus d’un million d’hommes, en majorité français. 
Après le temps des illusions , voici venue l’année 1915, celle de l’enlisement et la poursuite du creusement des tranchées débuté en septembre 1914.
En ce début 1915, la 1ère bataille de Champagne, commencée le 14 décembre 1914 se poursuivra jusqu’au 17 mars 1915. Les soldats français avanceront modérément , au prix de pertes humaines importantes. Les noms de villages ou de lieux :  Perthes, Souains, la butte de Tahure , la Main de Massiges, le Bois de la Gruerie  seront souvent cités dans les communiqués .En ARTOIS la première bataille se déroulera du 17-12-1914 au 05-01-1915 dans le secteur de Notre-Dame de Lorette  et Vimy. Les soldats s’enlisent dans des tranchées fraîchement creusées et les troupes françaises perdront 103 officiers , 1836 soldats sont  tués et 740 disparaissent pour une très faible avancée. Hormis ces batailles , ailleurs les combats sont très localisés et les deux camps comprennent qu’une victoire rapide est inconcevable.                                                                                                                               
Outre les combats terrestres, les allemands vont développer de nouveaux types d’attaques et utiliser de nouvelles armes :
*le 9 janvier 1915 l’Allemagne s’engage dans la guerre sous-marine à outrance  et les 4 et 5 février 1915, l’ennemi  décide de s’en prendre au  Royaume Britannique et décrète le blocus des côtes alliées. 
*le 19 janvier 1915,les allemands organisent le 1er raid aérien contre la Grande Bretagne  avec  deux zeppelins qui bombardent deux villes côtières  provoquant la mort de civils.
*si les allemands , dès le 03-01-1915, utilisent sur le front est des obus chargés de gaz asphyxiants , le 22 avril 1915 à 5 heures du soir, sur le front ouest devant Ypres ( Belgique), à proximité de Langemarck, , ils libèrent 180 tonnes de chlore sur 6 à 8 kilomètres qui provoquent un  nuage de couleur verte (gaz létal). Les français suffoquant, abandonnent leurs positions avancées  et se replient alors que l’ennemi protégé par un tampon respiratoire progresse. En avril 1915, la mortalité des intoxiqués s’éleva à 40%. Plus d’un million de combattants ont été intoxiqués  par les gaz au cours de cette guerre et si plus de 90.000 en sont morts, rappelons que beaucoup moururent précocement après le conflit ou devinrent aveugles , certains seront  reconnus  grands invalides car amputés d’un poumon ou frappés d’insuffisance respiratoire à vie.
* Inventé en 1901 par l’allemand Gérard Fiedler , le lance-flammes  projette un jet de liquide enflammé à 18 m en 2 minutes. En février 1915 cette arme est employée contre les français au bois de Malancourt dans la meuse puis à Verdun .Le 6 juin 1915 cinquante hommes du corps des sapeurs pompiers de Paris intègrent un régiment du génie pour tester un lance flamme français lors d’une attaque allemande sur  la butte de Vauquois, village situé au nord-ouest de Verdun. Au cours de l’essai , l’effet de souffle produit par l’explosion d’un dépôt de munitions allemand touché par le mélange projeté par les lances, rabat le liquide enflammé sur les lignes françaises 69 soldats dont 5 sapeurs pompiers meurent brûlés et 107 sont blessés dont 15 sapeurs pompiers gravement brûlés. C’est pourquoi le drapeau de la brigade des Sapeurs Pompiers de PARIS porte l’inscription « VAUQUOIS ».
* La guerre navale entreprise par les allemands contre les bateaux alliés provoqua un premier drame le 7 mai 1915 à 14 h 25 au sud des côtes irlandaises lorsqu’un sous-marin l’U 20 patrouillant torpilla sans sommation et coula   un paquebot anglais «  Le Lusitania » qui venant de New York se dirigeait vers le  port britannique de Liverpool. 1198 passagers périrent.
Le 19 août 1915 un autre paquebot anglais l’ARABIC parti de Liverpool à destination de New- York est torpillé par l’U.24 allemand  à 80 km du sud de l’Irlande (Kindsale). 44 passagers et membres d’équipage  périrent.
*Les combats en Artois reprirent du 8 mai au 18 juin 1915 puis du 25 septembre 1915 au 14 octobre 1915. La seconde bataille de Champagne se déroulera , comme en Artois du 25 septembre 1915 au 14 Octobre 1915 dans les secteurs de la ferme de Navarin, le trou Bricot , la butte de Mesnil les Hurlus. Pendant 3 jours 2500 canons de l’artillerie française  tirèrent sur les positions allemandes puis les 2ème et 4 ème armées françaises  essaient de rompre les positions allemandes sur un front de 24 kilomètres. Malgré les sacrifices du deuxième corps d’armée colonial c’est un échec car si la première ligne allemande a été détruite par notre artillerie, la seconde ligne de barbelés est intacte et infranchissable. L’attaque est arrêtée et laissera 138.576 hommes hors de combat.
*La fin de l’année 1915 se terminera  par un événement inattendu qui marquera Noël  et se déroulera autour de la ville martyre d’YPRES dont les derniers habitants avaient été obligatoirement évacués en mai 1915. 
D’octobre 1914 à octobre 1918 , cette ville belge qui était entourée par un champ de bataille dont les tranchées s’étendaient du nord au sud en un arc de cercle, va subir 5 batailles sanglantes. Ce champ de bataille devenu expérimental connaîtra l’utilisation des gaz, celle du lance flammes où plus d’un demi million d’hommes ont péri entre 1914 et 1918 (allemands, français , britanniques, belges  mais aussi des marocains, algériens , tunisiens , canadiens , australiens , néo-zélandais , sud-africains, chinois, indiens et plusieurs autres nationalités ) . Vous comprendrez pourquoi en ce matin du 25 décembre 1915 les français et les britanniques qui tenaient les tranchées autour d’Ypres entendirent des chants de Noël venir des positions ennemies, puis découvrirent que des arbres de Noël étaient placés le long des tranchées allemandes. Lentement des colonnes de soldats allemands  sortirent de leurs tranchées et avancèrent jusqu’au milieu du no man’s land où ils appelèrent Britanniques et Français à venir les rejoindre . Les deux camps se rencontrèrent au milieu d’un paysage dévasté par les obus, échangèrent des cadeaux , discutèrent et jouèrent au football. La plupart des photos prises de cet événement ont été détruites mais certaines arrivèrent à Londres et firent la une de nombreux journaux .

Le lendemain matin , l’Etat-major fait donner l’artillerie pour disperser les groupes fraternisants et fait déplacer les unités « contaminées » sur les zones de combat les plus dures . Rappelez-vous le film « Joyeux Noël » du cinéaste Christian CLARION.
En 1915, 24 auversois sont morts au champ d’honneur, certains dans des villages ou lieux cités lors des batailles de Champagne et d’Artois. Ne les oublions pas.
Daniel LAINÉ
Sources : archives municipales, Le Larousse de la Grande Guerre, Internet