AUVERS EN 1944 : Crash d’avion, dénonciation, libération
Le 14 juin 1940, les Allemands entrent à Paris et occupent Auvers sur Oise.
A première vue, la situation de la commune ne justifie pas d’être occupée par l’infanterie mais rapidement, les stratèges allemands se rendent compte que la présence de l’Oise et de sa vallée d’une part et d’autre du Valhermeil sont des points de repères pour les pilotes d’avions. C’est pourquoi seront installées sur le « Gobelin » » (pointe rocheuse du Valhermeil) et au lieu dit « les tôles » à Chaponval des pièces d’artillerie ainsi que des nids de mitrailleuses. Ces armes ne nécessitent pas la présence de nombreux soldats et les artilleurs seront logés principalement à Chaponval (Villa NINITA), au Château d’Auvers et dans des logements voisins.
Notre commune a connu un drame consécutif au crash d’un bombardier anglais sur le territoire d’Auvers le 8 juillet 1944 :
Au cours de la nuit du 8 juillet, la chasse allemande abattit 31 avions dont 5 Lancaster. Un des Lancaster abattu s’écrasa le 8 juillet vers 2 h du matin à  Auvers dans un champ de blé près du chemin de l’Isle, aux limites d’Hérouville. 4 membres de l’équipage évacuèrent de l’avion en sautant en parachute. Malheureusement, le pilote et les 2 mitrailleurs ne purent échapper au crash et leurs corps furent découverts lors des moissons.
Deux pilotes allemands revendiquèrent la victoire de ce crash et la population d’Auvers  appellera, le vendredi 14 juillet 1944 à manifester et rendre par sa présence au cimetière et ses dépôts de fleurs, l’hommage aux aviateurs alliés.
Extrait des  faits rédigés le 3 octobre 1944 par la Mairie d’Auvers : « Le 19 juillet 1944 à 14h15, un lieutenant de la Feldgendarmerie et 2 gendarmes allemands, mitraillettes aux poings entrèrent dans le bureau de la mairie ou se trouvaient le secrétaire , M HERON Jules, le garde-Appariteur,: M  JACLAIN FERNAND ainsi que deux employées : Mmes DUPUIS Raymonde et VILLERET  Odette. Après avoir interrogé brièvement chaque employé sur la cérémonie qui s’était déroulée au cimetière sur la tombe d’un aviateur, ils les firent sortir sous la menace de leurs armes et monter dans une voiture à l’exception de Mme DUPUIS .
Dans la voiture  se trouvait une pancarte en bois sur laquelle avaient été peints 4 drapeaux : français, anglais, américain et russe,  ainsi que la phrase  « HONNEUR AUX MORTS POUR LA LIBERT ». Cette plaque était celle qui avait été déposée parmi les fleurs sur la tombe de notre allié.
A la Feldgendarmerie d’Enghein, les interrogatoires séparés commencèrent, afin de  connaitre d’une part les organisateurs de la quête  qui a servie à garnir la tombe du soldat et surtout d’autre part, qui avait commandé et exécuté la dite pancarte. Une dénonciation très exacte des faits qui s’étaient déroulés le 14 juillet au cimetière, leur avait été communiquée.
Dans la soirée,  5 voitures et une camionnette de la Feldgendarmerie vinrent à Auvers pour procéder à de nouvelles arrestations. : Mme DUPUIS, Monsieur BOUET Jean qui avait garni la tombe de fleurs, Monsieur CHEVALIER qui avait fourni le bois de la pancarte, M CHATELIN Gaston qui avait peint le panneau, Monsieur  LACHOQUE Maurice  qui s’était rendu à la manifestation en uniforme des pompiers et M DUQUENOY Raoul. Les  6 véhicules rentrèrent à Enghein vers 2 h00 du matin. 
Mmes DUPUIS et VILLERET furent mises dans une pièce à part des autres inculpés. Elles entendaient uniquement les voix élevées des allemands et des coups. Vers 4 heures du matin, le chef allemand vint leur dire que tous avaient avoué et qu’elles subiraient un dernier interrogatoire avant d’être libérées.
M CHEVALIER  et  M DUQUENOY  furent libérés dans la matinée.
Depuis ce 20 juillet, il fut impossible de revoir ces 5 malheureuses victimes. Ils furent d’abord transférés à Versailles puis au Cherche Midi (prison parisienne) et le 16 aout fut leur départ pour une destination inconnue. »
Messieurs HERON Jules,  BOUET Jean, LACHOQUE Maurice, JACLAIN Fernand, CHATELIN Gaston sont morts en déportation. Ils ont été dénoncés par Olga SIMON d’origine Autrichienne qui était souvent de passage à Auvers chez son ami M PONS. Elle fut enlevée par les F.T.P.-F.F.I. locaux de « Défense de la France », elle sera condamnée à mort par pendaison dans le sous sol d’un pavillon à Auvers. Lestée d’une batterie de véhicule son corps est jété à l’Oise prés de l’ile de vaux. Son cadavre sera découvert en septembre 1944 au fil de l’oise à Pontoise .
Le 30 aout 1944 jour de la libération d’Auvers par des éléments du 120 eme régiment combat team d’infanterie U.S., le Capitaine Paul DUFIL, chef du groupe F.T.P.-F.F.I. « Corentin QUIDEAU et ses hommes remontés par les déportations du mois de juillet, procèdent à l’arrestation mouvementée de Monsieur PONS qui s’y attendait.
 
LA FRANCE ETAIT DE RETOUR