Nous commémorons aujourd’hui  le  75 ème anniversaire « .. de l’Appel historique du Général de GAULLE à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi » lancé de Londres le 18 juin 1940. Je rappelle  que cet appel était commémoré depuis la libération par les Français Libres et les Associations de Résistance. C’est le décret n° 2006-313 du 10 mars 2006 qui institua depuis, chaque année, cette cérémonie nationale.
Rappelons   que Charles de GAULLE est né le 22 novembre 1890 à LILLE  où son père Henri était professeur de Lettres et d’Histoire.
Le 19 juillet 1906 Charles de GAULLE obtient son baccalauréat (première série latin et grec) . Le  1er octobre 1908, il entre en classe préparatoire à l’Ecole spéciale militaire de Saint Cyr . Charles de GAULLE surnommé « Le Connétable » par ses condisciples est reçu au concours d’entrée dans cette prestigieuse école le 30-09-1909 (119 ème sur 221 participants). Il contracte un engagement de 7 ans et est incorporé au 33 ème régiment d’infanterie d’ARRAS dans le cadre de son année obligatoire . Sa carrière militaire commence.
Le 1er octobre 1911 il est promu Sous-Lieutenant et sort  le 1er septembre 1912,  13ème sur 211 de l’école de Saint Cyr . Le 9 octobre 1912, il revient au 33 ème régiment d’infanterie alors commandé par le colonel Philippe PÉTAIN qui considère que de GAULLE est digne de tous les éloges.
Promu Lieutenant le 1er octobre 1913, Charles de GAULLE,  rejoint dès le 2 août 1914 les armées du Nord,Nord -Est et sert au 1er bataillon du 33ème régiment d’infanterie. Il sera promu capitaine à titre provisoire le 10 février 1915.
Entre le 15 août 1914, date de sa première blessure en Belgique et le 10 mars 1915, de GAULLE sera blessé 3 fois dont deux justifient son hospitalisation .
Le 6 février 1916 son régiment rejoint le secteur de  VERDUN, à l’ouest de Douaumont. Le 2 mars 1916 il est touché à la cuisse gauche et porté disparu puis il figure sur une liste de prisonniers en Allemagne où il est soigné  à l’hôpital de Mayence, avant d’être aussi interné en Silésie et en Lituanie. Le 25 septembre 1927   il est promu chef de bataillon ( commandant), puis le 2 octobre suivant  il est cité,  à l’ordre de l’armée avec attribution de la croix de guerre avec palme en ses termes : « Fait prisonnier le 2 mars 1916, tenta par 5 fois de s’évader ; repris , fut condamné à plus de deux cents jours d’arrêts de rigueur. Modèle de courage et de ténacité. ».
Lieutenant –Colonel le 25-12-1933, il écrira plusieurs ouvrages et exposera le 14 octobre 1936 au président du conseil des ministres, Léon BLUM, la nécessité de créer d’urgence une armée blindée. Le 13 juillet 1937, De GAULLE est affecté au 507 ème régiment de chars à METZ, promu colonel le  25 décembre de la même année  et le 2 septembre 1939, veille de la déclaration de guerre de la France et de  l’Angleterre à l’Allemagne, il est  nommé commandant par intérim des chars de la 5ème , région Lorraine-Alsace.
En mai 1940, alors que le débâcle des alliés se profile de GAULLE à la tête de la 4ème division cuirassée, face à la 1ère panzerdivision , va s’illustrer à MONTCORNET(Aisne) où il remporte une victoire morale puis le 30 mai 1940 en arrêtant la percée allemande devant ABBEVILLE.
Mais depuis le 20 mai près d’un million de soldats alliés sont encerclés dans le secteur de Dunkerque et le 26 mai les britanniques déclenchent « l’opération Dynamo » destinée à rembarquer leurs troupes. Les anglais conscients de ce qu’ils devaient aux français qui avaient couvert leur retraite poursuivent l’opération jusqu’au 4 juin et c’est ainsi que parmi les 338.000 soldats alliés qui ont pu échapper à l’enfer de Dunkerque, 123.000 de nos compatriotes se retrouvèrent en Angleterre. Mais 35.000 soldats français resteront sur les quais de Dunkerque ou dans le secteur et seront faits prisonniers.
 Le 1er juin, de GAULLE est nommé Général de Brigade à titre temporaire. Le 5 juin 1940 le Président de la République le nomme Secrétaire d’Etat au ministère de la Défense  et de la Guerre dans le  gouvernement de Paul REYNAUD pour envisager la poursuite du combat avec l’Angleterre. Entre le 6 juin et le 16 , date ou le gouvernement de Paul REYNAUD est renversé ,de GAULLE s’est rendu à  LONDRES ou a reçu Winston CHURCHILL à BRIARE, à 3 reprises les 9 ,11 et 14 juin  , mais les aides sollicitées par la France auprès des britanniques sont refusées.
Ce 16 juin Paul REYNAUD démissionne et est remplacé par le Maréchal PÉTAIN qui entend demander l’armistice. 
De GAULLE part le 17 pour  LONDRES afin de poursuivre la Guerre. Avec l’accord de CHURCHILL , il lance le mardi  18 juin 1940 son  appel à la résistance. 
Sachant que 6 millions de réfugiés belges , Néerlandais , Luxembourgeois et français des zones occupées fuient sur les routes de France  peu d’entre eux entendront l’appel à la résistance de ce général récemment promu, qu’ils ne connaissent pas . Pour ceux qui peuvent encore écouter la radio  et capter la B.B.C  le timbre de voix de de GAULLE va les impressionner . Son ton ferme  et déterminé, son autorité et le contenu de son message les réconfortent, leur apportent la certitude qu’il refuse la défaite et  que la guerre continue, la  résistance se poursuivant.. C’est l’acte fondateur de la «  France Libre »
Lorsque le 17 juin à midi PÉTAIN a lancé son appel larmoyant et moralisateur  en proclamant : «  il faut cesser le combat ». ce fut la  consternation mais aussi le signal de la résistance pour certains :
Jean MOULIN alors Préfet d’Eure et Loir refuse ce même jour de signer un document , qui lui est présenté par des officiers allemands , imputant un crime à des tirailleurs sénégalais. Malgré des menaces et violences , il résiste et refuse.
Ce même 17 juin 1940, Edmond MICHELET, diffuse un tract reprenant un texte de Charles PÉGUY : « Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend, c’est la seule mesure, et il a raison absolument, je veux dire que la raison qu’il en a est un absolu… » 
Le 22 juin 1940 c’est la signature de l’Armistice demandé par PÉTAIN. Ce 22 juin 1940, comme il l’avait promis, de GAULLE lance de LONDRES  son second appel.
Lorsque les allemands occuperont l’Ile de sein, la plupart des hommes ayant  rejoint l’Angleterre avec leurs  bateaux de pêche. aux allemands qui s’étonneront de voir les femmes vêtues et portant des coiffes noires, elles répondront : « Nous portons le deuil de la France ».
 
D.LAINÉ  
Le 18 juin 2015